Aller au contenu principal

Ils aident à construire des filières rémunératrices pour les agriculteurs en agriculture régénérative

À son assemblée générale, le 9 février à Baugé, l'association Base a invité des acteurs qui cherchent à mettre en place des filières pour mieux payer les agriculteurs engagés en agriculture régénérative.

Raphaël Lefebvre, de la fondation Earthworm et Anne Trombini, directrice générale de PADV (Pour une agriculture du vivant), lors de l'AG de Base.
Raphaël Lefebvre, de la fondation Earthworm et Anne Trombini, directrice générale de PADV (Pour une agriculture du vivant), lors de l'AG de Base.

Des bouteilles de bière sur la scène de l'AG de Base : elles ne sont pas destinées à désaltérer les conférenciers, mais sont là pour représenter la démarche des Etablissements Pohu. Cette société de négoce de Saint-Germain-sur-Moine a créé une filière locale de valorisation de l'orge produite en agriculture régénérative. La bière porte le nom de Mémé Germaine, et la démarche s'inscrit dans le mouvement PADV, Pour une agriculture du vivant. PADV, comme l'a expliqué sa directrice générale présente à l'AG, Anne Trombini, cherche à embarquer un maximum d'acteurs de la production, de l'amont à l'aval, vers un modèle agricole plus résilient. Un modèle qui, surtout, garantisse une rémunération pour les agriculteurs engagés ou en cours d'engagement. Ces dernières années, PADV a construit avec les agriculteurs un outil de valorisation du travail, l'indice de régénération (IR). Et comme cette transition a un coût, PADV cherche à créer des contrats filières. "Une filière est construite avec Brioche Pasquier", a expliqué Anne Trombini.  Des contrats long terme signés entre Pasquier et les collecteurs de blé, avec des primes versées aux agriculteurs, basées sur le score et la progression de l'IR, et qui s'adressent aussi bien à des gens déjà pionniers dans l'agriculture régénérative, qu'à des débutants. 36 contrats filière de ce type sont signés ou en cours de construction avec PADV.

"Les entreprises ont besoin des agriculteurs"

"Sécuriser la transition", c'est aussi un des objectifs de la fondation Earthworm (littéralement ver de terre, en anglais), à l'initiative du programme Sols vivants. Venu de Bruxelles, Raphaël Lefebvre a présenté sa démarche qui se veut également multi-acteurs : "nous travaillons avec les entreprises, les agriculteurs, les coopératives..." Comme PADV, Earthworm cherche à créer des outils de mesure. Aujourd'hui, les entreprises sont contraintes de mesurer les impacts environnementaux de leurs approvisionnements. "Et, pour le coup, les entreprises ont besoin des agriculteurs, souligne Raphaël Lefebvre. Elles sont prêtes à rémunérer plus pour avoir de l'agriculture régénérative". Dans les Hauts de France, plus de 500 agriculteurs sont engagés dans la démarche Sols vivants, ainsi qu'une 15aine de coopératives et 8 marques/distributeurs (des géants comme Bonduelle en légumes d'industrie, McCain en pommes de terre...). Souhaitant que ce type de travail collaboratif puisse essaimer partout en France, Raphaël Lefevre et Anne Trombini s'emploient à faire passer, en substance, ce message aux entreprises : "rémunérer les agriculteurs qui prennent soin des sols, ce n'est pas un coût, mais un réel investissement".

À ceux qui doutent de la bonne volonté des entreprises et de la durabilité de leur engagement, Raphaël Lefevre, lui-même fils d'agriculteur, répond : "notre boulot fait partie de la bataille pour la valeur ajoutée aux agriculteurs. C'est une pierre parmi d'autres, même si ce n'est pas la panacée". Anne Trombini se veut aussi optimiste : "les entreprises sont drivées par les financiers, qui leur imposent des choses, c'est pour cela que j'y crois".

 

Base, un réseau indépendant

Réseau indépendant créé en 2000 en Bretagne, Base (Biodiversité Agriculture Sol Environnement) a des relais dans toute la France. Défenseuse depuis le début d'une agriculture de conservation des sols (ACS), l'association emploie aussi aujourd'hui le terme d'agriculture régénérative. "La vision de Base, c'est de travailler sur des systèmes qui cherchent à réduire le travail du sol, à systématiser les couverts, à réfléchir aux rotations et à la ré-introduction de l'élevage, notamment dans les zones céréalières, explique l'agronome Aurélien Haigron, secrétaire de l'association. On se rend compte qu'en mettant en pratique tout cela, non seulement on conserve mais aussi on régénère les sols". Base a organisé 10 journées techniques en 2023.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

Cinq nouveaux membres intègrent le Bureau de la FDSEA pour cette nouvelle mandature.
Un nouveau Bureau à la FDSEA

Emmanuel Lachaize a été reconduit à la présidence pour un mandat de trois ans. Avec comme priorités affichées la proximité du…

Les Jeunes Agriculteurs ont présenté leur nouveau Conseil d'administration.
Une AG entre engagement syndical et enjeux d'avenir
Jeudi 5 février, les Jeunes agriculteurs de Maine-et-Loire se sont réunis en assemblée générale au campus de Pouillé. Un temps…
Olivier Brault, président des caves de la Loire et Etienne Goulet, directeur du pôle Val de Loire de l'IFV, qui a présenté le travail de l'institut sur l'encépagement de demain. 
Dans un contexte perturbé, les Caves de la Loire résistent
La coopérative Caves de la Loire, du groupe Loire Propriétés, tenait son assemblée générale jeudi 12 février au Cinéville des…
Sylvie Dieterlen, Denis Asseray, Florent Villepellé et Pierre Uzureau ont visité le local technique abritant la chaudière bois du réseau de chaleur de l'Ehpad.
À Saint-Georges-sur-Loire, du bois local pour chauffer l'Ehpad
Depuis juillet dernier, la société coopérative d'intérêt collectif Maine-et-Loire bois énergie alimente en plaquettes bois le…
La signature du programme régional ambition bio s'est déroulée au collège de l'Evre, à Montrevault-sur-Èvre.
Un nouveau cap pour l'agriculture biologique d'ici 2027
Le programme régional " Ambition bio 2025-2027 " a été officiellement signé ce mardi 3 février 2026 à Montrevault-sur-Èvre par l'…
En Rouge de l'Ouest, le Gaec Charbonnier (Montilliers) remporte le 1er prix de section en antenais.
En l'absence de bovins, le Maine-et-Loire expose ses autres atouts

Dans une édition privée de ses bovins, le salon de l'agriculture 2026 a fait la part belle aux autres espèces animales, et aux…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 205€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois