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Le chenin, modèle de résilience climatique ?

Au Congrès international du chenin, qui s’est déroulé à Angers du 1er au 3 juillet, une conférence a mis en lumière la bonne adaptation du cépage au changement climatique. En s’appuyant notamment sur l’exemple sud-africain.

De g. à d. : Hervé Hannin, expert auprès de l’OIV ; Vicente Sotés, vice-président de l’OIV ; Isabelle La Jeunesse, du CNRS ; et Marco Ventrella, de la société de négoce sud-africaine KWV, lors de la conférence du Congrès international du chenin consacrée à l’adaptation au changement climatique, mardi 2 juillet à Angers.
De g. à d. : Hervé Hannin, expert auprès de l’OIV ; Vicente Sotés, vice-président de l’OIV ; Isabelle La Jeunesse, du CNRS ; et Marco Ventrella, de la société de négoce sud-africaine KWV, lors de la conférence du Congrès international du chenin consacrée à l’adaptation au changement climatique, mardi 2 juillet à Angers.
© AA

« Si en Anjou la hausse de température ne dépasse pas les 1,5°C à 2°C d’ici à 2050, tout ira bien pour vous », plaisante Marco Ventrella, “responsable viticulture” chez KWV, l’une des principales maisons de négoce sud-africaines. Le dirigeant intervenait dans le cadre du Congrès international du chenin, première mondiale qui a réuni plus de 300 participants (vignerons, cavistes, oenologues, sommeliers...) à Angers du 1er au 3 juillet. Thème abordé le mardi matin : les atouts du cépage blanc emblématique de l’Anjou dans le contexte du changement climatique.

Devant les spectateurs nombreux dans l’amphi du centre de congrès Jean Monnier, outre l’expert sud-africain 3 autres orateurs sont montés à la tribune. Hervé Hannin, professeur à Montpellier SupAgro et expert auprès de l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), a présenté le projet Laccave de l’Inra, qui travaille à des scénarios d’adaptation au réchauffement à l’échelle du vignoble français. Isabelle La Jeunesse, du laboratoire CNRS de Tours, anime de son côté un groupe de trois viticulteurs ligériens (à Chinon, Meusnes et Sancerre), en vue de co-concevoir des stratégies locales d’adaptation.

Quant à Vicente Sotés, vice-président de l’OIV et professeur à l’Université polytechnique de Madrid, il a évoqué les conditions de culture du chenin (“agudelo”) en Catalogne. C’est-à-dire sous des latitudes méditerranéennes, avec du matériel végétal provenant de pépiniéristes français. « En appellation Penedès, l’agudelo occupe la moitié du vignoble. C’est un bon exemple d’acclimatation d’une variété atlantique en climat chaud et sec », avance l’universitaire.

Avec plus de 17 500 ha en 2017, nul doute que le chenin s’est « acclimaté » en Afrique du Sud. Notamment dans la partie sud-ouest du pays, autour de la ville du Cap (secteurs de Breede River, Boberg, et Olifants River). Dans ces paysages montagneux et vallonnés, « bien que les courants froids venant de l’Antarctique contribuent à tempérer l’air, le chenin reste soumis à une météo aride », souligne Marco Ventrella. Depuis 2015, la Nation arc-en-ciel a subi de multiples épisodes de sécheresse, et l’augmentation moyenne des températures atteint par endroits les 15°C. La pluviométrie hivernale a nettement faibli, partiellement substituée par des précipitations estivales charriant leur lot de risques maladies, pourriture grise et oïdium en particulier. « En 20 minutes de trajet en voiture, vous pouvez passer d’un terroir qui reçoit 200 mm / an à un autre qui reçoit 900 mm / an. »

Malgré ces aléas, les rendements et les qualités oenologiques des chenins sud-africains demeurent remarquables. « Ce cépage représente aujourd’hui 23 % de la récolte totale de raisins de cuve dans notre pays », évalue Marco Ventrella. Surtout, près de 40 % des vieilles vignes - plus de 20 ans - d’Afrique du Sud sont plantées en chenin. Or, « il semble que les vignobles anciens conservent la mémoire des phases de stress hydrique, ce qui leur permet probablement de mieux leur résister », analyse le responsable viticulture de KWV.

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