Lait
Prix du lait : un accord pour la fin de l’année et les suivantes
Les industriels et les coopératives ont respecté leur engagement du 12 août de retourner à la table des négociations. Ce qui a permis à l’interprofession laitière de parvenir, hier, à un accord.

La mobilisation syndicale a payé. L’accord obtenu hier par l’interprofession laitière, porte sur trois points :
- les références de prix du lait sur l’année 2010 ;
- la prise en compte des problèmes de compétitivité avec l’Allemagne ;
- les problèmes de couples volume/prix et charges des exploitations laitières.
La demande syndicale exprimée le 12 août par les représentants de la FNPL, de la FNSEA et de JA, de répercussion de l’accord de juin 2009 sur les prix de l’année 2010 a été satisfaite. Il y aura une augmentation des prix de 31 €/1 000 litres sur les troisième et quatrième trimestres 2010. Un ajustement des prix du mois de juillet, déjà versé, sera effectué sur les payes du mois d’août. Un indicateur de compétitivité s’appliquera à partir de l’année 2011 sur les bases d’un écart maximum de prix avec les voisins allemands de 10 € sur les prix mensuels désaisonnalisés et de 8 € sur une moyenne glissante. L’interprofession va poursuivre son travail sur les différentes options possibles du couple volume/prix et sur un indicateur de charges des exploitations laitières. Enfin, l’interprofession va finaliser son travail d’interprétation des statistiques allemandes des prix du lait.
Les réactions de satisfaction ne se sont pas fait attendre. Au delà des communiqués de la FNSEA et de la FNPL, Alain Cholet, président de la Fédération départementale laitière (FDL) livre son sentiment : « Syndicalement, il fallait réagir vite, car les débats qui vont bien au delà du prix, interdisaient l’accord de prix sur le troisième trimestre. Notre mobilisation forte a permis d’imposer aux entreprises le retour au dialogue. L’interprofession doit désormais travailler de façon plus sereine et il reste encore des points à éclaircir : sur la comparaison avec le prix allemand, car il faut comparer des choses comparables. En France, nous avons des produits à plus forte valeur ajoutée et des normes de qualité plus strictes, les producteurs doivent eux aussi en bénéficier. Sur la gestion des volumes également. Il en va de l’avenir puisque l’interprofession doit définir l’après quotas et la période transitoire. » Les débats des semaines passées montrent effectivement qu’il reste du chemin à parcourir.
FNPL et Sylvain DOURY
La FDL en action
Lors du conseil d’administration de la Fédération départementale laitière (FDL) du 6 août, les responsables des groupements de producteurs et des unions cantonales de la FDSEA ont décidés de conduire des actions afin d’imposer aux entreprises laitières de reprendre le chemin des négociations. Selon les initiatives locales les producteurs ont agi :
- soit en grandes surfaces par des opérations de “stickages” des produits des marques des entreprises les plus réticentes Bel (Vache qui Rit), Lactalis (Président et Lactel), Bongrain (Caprices des Dieux). Ce fut le cas à Beaupreau, Chemillé, Châteauneuf, Segré ;
- soit en invitant les responsables d’entreprise à venir s’expliquer sur le prix appliqué en juillet et décidé unilatéralement. Le groupement livrant à l’entreprise Tessier (groupe Bongrain à Cornillé-les-Caves) a eu un entretien des représentants de l’entreprise. Les adhérents de la coopérative Sodiaal ont, eux, invité sur la ferme du président de JA, Frédéric Vincent au Petit Virloin, à Avrillé, le président de la région Sodiaal-Ouest, Didier Loizeau (producteur en Sarthe) pour lui faire part de leur mécontentement.