DOSSIER CHÈVRES
Création de l'Union caprine 49 pour défendre l’élevage en Anjou
Interview de Raphaël Brunet, éleveur de chèvres à Saint-Hilaire-du-Bois.
d’un syndicat d’espèce. Pourquoi ?
Raphaël Brunet : La production caprine est relativement récente en Maine-et-Loire. Elle a pris corps dans le secteur du Vihiersois et est aujourd’hui en évolution croissante, puisqu’on est passé de 11 500 chèvres contrôlées en 1997 à 21 500 à ce jour. Une croissance qui n’est pas terminée. Jusqu’à présent, les éleveurs sont suivis dans le cadre de Bovicap conseils, pour les aspects technico-économiques. Aujourd’hui, avec 135 éleveurs dont près de 90 inscrits en suivi de performance, certains dossiers sont trop importants ou dépassent la sphère d’intervention de l’organisme technique. Des éléments relevant plus de la politique de prix ou de l’orien-tation interviennent. La création de ce syndicat d’espèce qui prend le nom “Union caprine 49” obéit donc au souhait des éleveurs, laiteries et fromagers, d’être de véritables acteurs de leur développement et de leurs filières, mais sans rien ôter aux missions jusqu’à présent assurées par Bovicap conseils.
Comment va se traduire l’action de l’Union caprine 49 ?
Être acteur de notre filière, cela signifie redonner aux éleveurs un pouvoir de décision. La première action que nous voulons mettre en place, c’est l’établissement d’une charte à l’installation en élevage caprin. Cette charte sera proposée à la signature aux différents partenaires de la filière : les banques, les fournisseurs de matériel et d’aliments, les laiteries, les transformateurs.
Cette démarche s’accompagnera d’un suivi de la part des éleveurs en place qui accepteront d’accueillir des stagiaires, de parrainer un candidat à l’installation ou de recevoir la visite de groupes d’éleveurs.
Cette charte à l’installation caprine s’appuie sur une dimension économique ?
L’objet de cette charte n’est pas l’escalade du cheptel, mais bien la rentabilité de nos différents systèmes de production, des conditions de travail, de nos besoins, etc. C’est à cette condition que nous pourrons non seulement installer, mais aussi pérenniser nos exploitations.
On peut dire que la production caprine n’est plus marginale en Maine-et-Loire ?
La profession est en train de se structurer. Des techniciens lui sont dédiés. Un support de communication va être mis en place à destination des éleveurs afin qu’ils disposent régulièrement d’informations techniques et économiques spécifiques à leur production. Reconnu au même titre que les autres productions du département, l’élevage caprin de Maine-et-Loire n’a pas à
rougir de son identité et de sa pertinence auprès des départements voisins qui possèdent le plus gros du cheptel caprin.
De quels moyens disposera l’Union caprine 49 ?
L’animation du syndicat sera assurée par un technicien que la Chambre d'agriculture met à notre disposition à mi-temps. Nous devrions aussi bénéficier du soutien financier de l’interprofession. Enfin, une cotisation sera demandée à tous les éleveurs adhérents.
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