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Economie
Le sort lié de l’amont et de l’aval dans le secteur agroalimentaire

Pour s’en sortir, le secteur agroalimentaire devra jouer collectif afin que “tous les maillons de la chaîne s’y retrouvent”. Le sujet était au menu de l’AG de la FRSEA, mardi à Angers.

à l’assemblée générale de la FRSEA, le 1er juillet. Jean-Marie Joutel, directeur général de Bigard ; Christiane Lambert, secrétaire générale de la FRSEA ; Arnaud Degoulet, président d’Agrial ; Philippe Chapuis, directeur agroalimentaire à Crédit agricole SA.
à l’assemblée générale de la FRSEA, le 1er juillet. Jean-Marie Joutel, directeur général de Bigard ; Christiane Lambert, secrétaire générale de la FRSEA ; Arnaud Degoulet, président d’Agrial ; Philippe Chapuis, directeur agroalimentaire à Crédit agricole SA.
© AA

Le thème de cette réunion posait d’emblée l’enjeu : “Forces et faiblesses de l’agroalimentaire en France et en Pays de la Loire. Conséquences pour les productions agricoles”. Conséquences et donc stratégies communes, tant il est vrai que le sort est commun : pas de production agricole sans aval fort, efficace et organisé. Et inversement, rappelait d’entrée, Philippe Chapuis, directeur agroalimentaire à Crédit agricole SA.

Avec ce paradoxe. Si l’on s’en tient aux chiffres globaux, le secteur de l’agroalimentaire s’en tire plutôt bien. “L’industrie agroalimentaire française est la première filière économique française”, rappelait Philippe Chapuis. Et le premier employeur national. à ceci près qu’à l’export, la France est passée de la deuxième à la cinquième place. à ceci près que, à l’analyse, filière par filière, on s’aperçoit que toutes ne sont pas placées à la même enseigne. Le vin et les spiritueux font pencher le fléau de la balance vers le plus. Tandis que la pression des grandes enseignes - en France, elles ne sont plus que sept - vient singulièrement piller la rentabilité des entreprises. “Les filières lait et viande ont un seuil de rentabilité qui ne leur permet pas d’investir ou d’attirer des capitaux”. Et les outils sont parfois obsolètes, faute de moyens. Un constat qui vaut pour la région des Pays de la Loire.

Restructurer pour
retrouver la compétitivité

Si l’export est une possibilité de débouchés, (voir édito d’Alain Denieulle dans l’Anjou agricole du 27 juin), le secteur ne fera pas l’économie de restructurations. “On n’échappera pas à la massification, à l’industrialisation du secteur agroalimentaire, même si cela passe par moins d’emplois dans un premier temps. Une fois la compétitivité retrouvée, l’emploi reviendra”, a indiqué Hervé
Pillaud, auteur d’un rapport voté au Ceser (Conseil économique, social et environnemental des Pays de la Loire) et membres du conseil d’administration FRSEA.

Dans ce contexte, alors que le secteur de la viande est en difficulté en raison des arbitrages de la Pac qui, nonobstant les aides à la vache allaitante, va placer l’engraissement en situation délicate, mais également, en raison de la conjoncture avec des prix ne couvrant pas les coûts de production (voir page 6), l’intervention de Jean-Marie Joutel, directeur général adjoint de Bigard, était très attendue, tant en termes de perspectives que du point de vue de la rémunération des éleveurs.  Pour faire face à la demande, l’entreprise familiale Bigard a développé trois gammes mais Jean-Marie Joutel ne cache pas que “certains outils sont fragilisés”. Pour l’avenir, il prône “plus de concertation et moins de rapport de force”, soulignant que “l’ouverture à l’export change la donne vis-à-vis de la GMS”. Voilà pour Bigard.

Du côté de la coopération, les choses s’organisent, elles aussi. Arnaud Degoulet, le président d’Agrial, est venu rappeler la stratégie de développement de la coopérative normande. Et son leitmotiv : “vendre pour produire”. Et ce, douze mois sur douze. Une stratégie qui a amené la coopérative à s’étendre dans les Landes, au Royaume-Uni, en Espagne et bientôt aux états-Unis. “Notre objectif constant est d’aller chercher de la valeur”, explique Arnaud Degoulet. Et ce, par la diversification (marque entreprise et marques distributeurs). Et l’export. Pas moins de 16 métiers chez Agrial. Avec des rapprochements qui ont pu surprendre, comme cet accord avec Bigard, sur la viande. “Un choix pragmatique”, résume le président de la coopérative. C’est celui qui offrait le plus de synergies et de garanties”.

Le pragmatisme sans perdre son âme ? Est-ce une des voies pour assurer la pérennité du secteur et des filières ? “Il faut trouver le schéma de développement le plus équilibré pour satisfaire tous les maillons de la chaîne”, concluait Christiane Lambert, secrétaire générale de la FRSEA. En somme, le combat continue. Ensemble.

M.L.-R.

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