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AG FDSEA 49
« Nous attendons un changement de logiciel »

Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau  était l’invité de la FDSEA49 pour son Assemblée générale.

Assemblée générale FDSEA 49 - 2024
© SH

C’est dans un amphi comble que la FDSEA 49 accueillait Arnaud Rousseau, le 16 février au campus de Pouillé. Une forte affluence donc, et un suivi médiatique plus marqué qu’à l’habitude, qui « traduit l’intérêt porté au sujet agricole » notait avec une pointe d’ironie le président de la FDSEA49, Emmanuel Lachaize, et de poursuivre : « souhaitons que ça dure dans le temps et qu’on ne nous oublie pas dans quelques semaines ». Une chose est sûre, à quelques encablures du coup de projecteur que représente le Salon de l’agriculture, les agriculteurs refusent toute forme d’enfumage, suite aux fortes mobilisations de janvier. Ils l’ont d’ailleurs marqué, de manière très symbolique, en présence du Préfet Philippe Chopin et des Parlementaires présents, lorsque les membres du bureau de la FDSEA ont envahi la scène avec des tracteurs à pédale entourés d’un nuage de fumée. « Aujourd’hui on vient avec les petits tracteurs mais on n’hésitera pas à ressortir les gros si nécessaire » prévenait le secrétaire général de la FDSEA, Anthony Ménard, remettant au passage une disquette au Préfet, avec le message suivant : « nous attendons un vrai changement de logiciel, et pas une simple mise à jour ! ».

Les paroles politiques
ne suffiront pas

Le ton est donné. Si le grand oral du Gouvernement est attendu samedi au Salon de l’agriculture, les agriculteurs abordent néanmoins cette échéance avec une pointe de doute et de perplexité, illustré par une anecdote rapportée par Arnaud Rousseau : « comme vous le savez, les agriculteurs du Nord qui ont les pieds dans l’eau depuis 3 mois, demandent à faire du curage. Le Premier ministre est venu et a dit OK. Le président de la République est venu et a dit OK. Mais il a suffit qu’un fonctionnaire de l’OFB dise ‘Non on ne peut pas’ pour que ça stoppe tout. On a encore dû remonter au créneau. Morale de l’histoire : si on pense qu’une fois qu’un ministre a parlé, ça va rentrer dans l’ordre, ça ne marche pas comme ça aujourd’hui dans notre pays. C’est pourquoi nous avons demandé à Gabriel Attal des points mensuels avec lui pour mesurer les avancées tangibles et concrètes sur chaque dossier ». Les agriculteurs le répètent depuis le début : ils ne se paieront pas de mots !

Pour Arnaud Rousseau et la FNSEA, la stratégie des suites de mobilisation se décompose en 3 temps : « Il y a eu le 1er temps avec les mesures d’urgence annoncées sur le GNR, la MHE, la bio, la viticulture, les catastrophes naturelles, etc. Il y aura le temps du salon qui arrive. Au moment où on se parle, le gros sujet c’est la simplification, sur le stockage de l’eau, les différents zonages, la directive nitrates, les contrôles, les nuisibles... Bref toute la liste des irritants que vous connaissez par cœur. Puis viendra la 3ème phase, au mois de juin, pour ce qui concerne les sujets européens (la Pac, les IED...) mais aussi le projet de loi d’orientation agricole en France ». Sur ce point, la FNSEA souhaite à tout prix que cette loi inscrive en toutes lettres l’agriculture comme « d’intérêt général majeur ». « C’est tout sauf anecdotique, explique Arnaud Rousseau, car cela permettra de graver dans le dur le ‘Pas d’interdiction sans solution’ et de venir ainsi contrecarrer le droit de l’environnement ». Mais attention, prévient-il, « Ça ne veut pas dire qu’il est question de rayer le droit de l’environnement. Ne vendons pas du rêve en disant qu’on va ramener le diméthoate dans nos exploitations. On veut simplement que l’impact économique agricole soit évalué au même plan que l’environnement, ce qui n’a jamais été fait jusqu’ici ».

Le changement de logiciel que les adhérents de la FDSEA appellent de leurs vœux, en passera probablement par là, car comme le rappelait Emmanuel Lachaize dans son discours de clôture, « le fait que le Gouvernement répète sans cesse ‘Pas d’interdiction sans solution’ ne fait pas de ce slogan une vérité. C’est même un mensonge grossier puisque c’est souvent le contraire qui s’est produit ». Les agriculteurs reprochent en effet le décalage de plus en plus marqué entre les (bonnes) intentions des politiques et la réalité des dossiers, qui se heurte bien trop souvent à l’immobilisme du système, ce qu’Emmanuel Lachaize résumait en une phrase : « un politique ça doit décider, un fonctionnaire, ça doit faire fonctionner ! ».

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