Aller au contenu principal

Quelle reprise en viticulture ?

Le secteur viticole fait face à une chute de la consommation de vin en raison de la fermeture des bars, cafés et restaurants depuis la mi-mars. La reprise de l'activité est attendue, mais ne résoudra pas tous les maux.

La vigne n'a que faire du Covid-19, et poursuit son impressionnante croissance. Près d'un mois d'avance dans certains domaines.
La vigne n'a que faire du Covid-19, et poursuit son impressionnante croissance. Près d'un mois d'avance dans certains domaines.
© AA

Cette année, la vigne se porte à merveille. Dionysos semble avoir mis tous les ingrédients du côté des viticulteurs ligériens pour que la récolte soit belle. Tous ? Pas exactement, le Covid-19 étant passé par là, sapant en partie le moral des exploitants.


S'adapter en vente directe
Florian Cesbron est viticulteur au Domaine de la Raimbaudière, à Champs-sur-Layon. Si sa vigne se porte bien, c'est la commercialisation du vin qui l'inquiète. En effet, l'exploitant écoule la moitié de sa production en vente directe, l'autre partie étant à destination de la négoce. Le confinement a drastiquement réduit le nombre de ventes du domaine, et la reprise ne sera pas simple. « J'ai beaucoup de clients qui ne vont pas se déplacer. En ce moment, je les contacte un par un pour essayer de les livrer chez eux », explique Florian Cesbron. Une autre organisation, un autre métier pour ce viticulteur, installé sur le domaine familial depuis 2004. Président du syndicat des Coteaux du Layon, il ne se fait pas de mouron quant à l'appellation. « On a su se renouveler, et aller vers des vins plus légers, riches en fruits », témoigne Florian Cesbron. Ce dernier espère que la renommée de l'appellation permettra une reprise moins difficile que pour d'autres domaines. Du côté de l'adaptation avec les saisonniers, le viticulteur ne s'inquiète pas outre mesure. Les gestes barrières sont simples à mettre en place dans des parcelles de vignes où les travailleurs sont éloignés d'1m50. Le vent de relocalisation qui souffle dans l'esprit des consommateurs, du moins en apparence, pourrait également profiter à la viticulture. C'est en tout cas ce que souhaite le président du syndicat. « Il faut que les consommateurs achètent des vins d'Anjou, directement chez nous. La crainte, c'est qu'il y ait un report sur la GMS ».


Naviguer à vue en négoce
à Martigné-Briand, Marc Séchet a modifié ses proportions de commercialisation ces dernières années. « Avant, je faisais 70 % de vente directe et 30 % de négoce. Maintenant, c'est l'inverse », détaille-t-il.   Bien lui en a pris, puisque son activité de vente directe a été réduite à peau de chagrin, soit une baisse de chiffre d'affaires estimée à 98 %. « En avril, j'ai eu 1 client ». La reprise en vente directe ne s'annonce pas des plus simples, la limite des 100 km limitant les déplacements. « J'ai beaucoup de clients qui ne peuvent plus venir m'acheter du vin », déplore le viticulteur. Exploitant sur un domaine de 28 ha, la partie négoce permet de respirer. En partie seulement, car « nous n'avons aucune visibilité sur le moyen terme. Pas plus que sur l'ensemble de la filière d'ailleurs », témoigne Marc Séchet. En effet, la vigilance est de mise dans les domaines. Mais le viticulteur se veut optimiste, et espère un sursaut de volonté de consommation de vin locaux. En concluant, avec un brin d'ironie : « il ne manquait plus que ça », en référence aux années précédentes compliquées, à la situation tendue sur le marché international, et dorénavant au Covid-19.


Des jours difficiles
Dans le Saumurois, Paul Filliatreau ne voit pas d'où pourrait venir l'éclaircie. « Au domaine, on travaille beaucoup avec des restaurateurs ou des grossistes », témoigne-t-il, « tout ça est au point mort depuis 2 mois ». Les ventes de bouteilles ont chuté inexorablement, et la trésorerie avec. Laissant les exploitants dans une situation difficile, et obligeant la mise au chômage technique de certains salariés. Le vigneron, installé depuis 1967, craint fortement que de nombreux  restaurateurs ne puissent pas rouvrir. « J'en connais déjà deux qui vont fermer du fait de la crise. C'est terrible, d'abord pour eux, et cela représente autant de vente en moins pour nous ». Si les prêts garantis par l'état vont permettre de retrouver un semblant de trésorerie, « il faudra bien les rembourser à un moment. Tout ce qui a été perdu ne sera pas compensé ». La crainte de Paul Filliatreau, c'est un marché destabilisé à sa reprise, tous les vignerons étant dans la même situation, avec beaucoup de stocks sur les bras. Il souhaite à tout prix éviter, pour l'appellation Champigny, la distillation « comme on a pu le voir dans certaines régions de France ». Le tableau apparaît donc sombre pour la viticulture, et les domaines vont faire face à une année 2020 difficile, malgré la satisfaction de l'état de la vigne dans les parcelles. « Mon seul espoir, c'est que les gens restent en France, et consomment des vins de la région », conclut Paul Filliatreau. Ce dernier a inauguré un show-room multi sensoriel au Domaine de la Grande Vignolle, afin d'attirer et de se diversifier. Le lendemain de l'ouverture, l'exploitant a dû fermer.

 

Article complet dans l'Anjou Agricole du 15 mai.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

A l'EARL le Pont Montreuil, à Châtelais : Thomas Jolly, conseiller territoire à la Chambre d'agriculture, Alexandre Mosset, chargé de mission agriculture et environnement à Anjou Bleu Commmunauté, Marc, conseiller agricole en recherche d'une exploitation et l'agriculteur Jean-Claude Fournier. "Je suis prêt à faire un parrainage si le jeune le souhaite", a souligné le futur cédant.
Un premier agribus en Segréen pour visiter des fermes à reprendre

Vendredi 21 mars, la Chambre d'agriculture et Anjou Bleu Communauté ont organisé le premier agribus en Maine-et-Loire. Un…

Qui sont les nouveaux agriculteurs ?

Alors que le renouvellement des générations est un enjeu majeur, l'Esa a mené l'enquête Agrinovo, sur les nouveaux…

En matière de phytosanitaires, le SRAL attire l'attention des agriculteurs sur l'absence d'équipements de protection individuels, des pulvérisateurs non contrôlés et sur les conditions d'emploi des produits.
Un bilan des contrôles qui va dans le bon sens

Vendredi 21 mars, le Préfet a réuni la profession agricole et tous les services de l'Etat pour faire un bilan des contrôles…

Olivier Brault succède à Régis Alcocer

Le vigneron Olivier Brault, installé à Brissac Loire Aubance, préside désormais les Caves de la Loire, pour deux années avant…

Anne Mahé, directrice de la fédération Groupama49, Jacques Blondet et Dylan Mortier, préventeur des risques naturels à la caisse régionale de Groupama.
Anticiper le risque inondation
Afin de mieux maîtriser les coûts de sinistres et d'anticiper les risques, Groupama initie des actions de prévention sur le…
Alors que les semis de printemps démarrent, les canons effaroucheurs à gaz doivent être implantés au minimum à 150 mètres des habitations riveraines.
Les effaroucheurs sonores autorisés jusqu'au 30 juin
L'utilisation des canons à gaz pour protéger les semis de printemps est régie par un nouvel arrêté préfectoral de 2024, avec des…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 176€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois