Aller au contenu principal

Installation
Un projet animal et végétal à taille humaine

Adèle Hallopé-Merlet, 29 ans, s’est installée à Chanteloup-les-Bois, au 1er avril 2019. Elle a reçu, pour son projet,
le 3ème prix à l’installation de Jeunes agriculteurs 49.

Adèle Hallopé-Merlet élève des poules pondeuses bio dans ces poulaillers mobiles de 36 m2 avec parcours extérieur.
© AA

«  Je voulais m’installer sur une petite production indépendante, pouvoir vendre à qui je voulais et au prix que je voulais », explique Adèle Hallopé-Merlet, agricultrice dans le Choletais. La jeune femme élève des poules pondeuses bio et cultive des plantes aromatiques, des fleurs comestibles et quelques légumes. Le tout, en vente directe.
Le parcours de la jeune femme n’était pas agricole au départ. Titulaire d’un BTS géomètre et d’une licence professionnelle aménagement du territoire et urbanisme, elle a travaillé 4 ans pour la Ville de Cholet. Fille d’un éleveur de vaches allaitantes, elle n’était pas particulièrement attirée vers ce type d’exploitation en polyculture-élevage. Mais, tout de même, l’idée d’un retour à la terre subsistait dans un coin de sa tête. En 2017, alors que son père préparait son départ en retraite, un candidat s’est présenté, Valentin Loiseau, avec un projet en vaches allaitantes en bio. Dans le même temps, elle a mûri son propre projet, qui allie à la fois végétal et animal, et qui n’occupe que peu de surface (environ 7 ha). Les deux fermes sont aujourd’hui voisines.
Pour se former, Adèle Hallopé-Merlet a passé un BPREA à distance à l’Esa d’Angers. Elle a effectué des stages en aviculture et dans le domaine du végétal, comme celui à la Serre à fines herbes, à Rochefort sur Loire, qui l’a enchantée.
L’installation n’a pas représenté un gros investissement, la plus grosse somme étant consacrée au centre d’emballage des œufs (CEO), 25 000 €. Une subvention de la Région et de l’Europe est attendue. Quant aux 4 poulaillers mobiles, réalisés en auto-construction, ils ont coûté entre 5 000 et 10 000 € chacun.


Des poules dehors jour et nuit
L’élevage de poules, des Lohmann rousses, procure entre 70 et 80 % du chiffre d’affaires. La jeune éleveuse a un cheptel de 500 à 600 poules, qui sont renouvelées régulièrement, par lots de 180. Une poule arrive à 4 mois et demi et reste environ 18 mois sur la ferme, lorsque sa productivité est maximale. Puis elle est abattue et proposée en poule entière à cuire ou en rillettes aux clients de la vente directe. « Les gens apprécient d’acheter des poules pour faire des poules au pot ! ».
Dans l’élevage, les poules sont libres de leurs mouvements, elles ont accès, jour et nuit, à l’extérieur. Des plantations ont été réalisées dans les parcours, afin de procurer de l’ombre et des fruits aux volailles. L’agricultrice fait aussi des essais d’implantation de plantes aromatiques dans les parcours, comme le fenugrec ou le carvi. Elle a intégré un groupe de travail du projet Casdar Valorage, animé par les Chambres d’agriculture de Pays de la Loire et de Bretagne, qui se penche sur la valorisation des fourrages en poules pondeuses. « Dans les parcours très piétinés, l’herbe disparaît assez vite, laissant la terre apparaître. Je suis à la recherche d’espèces qui repoussent bien. L’idée est aussi d’ajouter des espèces qui permettent aux poules de se “soigner elles-mêmes” », explique Adèle Hallopé Merlet.

Ses fleurs dans les mains d’un chef étoilé
La jeune femme n’a aucun mal à écouler ses œufs, qu’elle vend sur un marché à la ferme tous les vendredis soir, auprès de l’Amap de Beaupréau, en restauration collective, ainsi qu’à des restaurateurs et des boulangers.
Quant à la partie végétale, elle est composée d’une trentaine de variétés d’herbes aromatiques et de fleurs comestibles. Les fleurs, cosmos, bleuets, capucines, soucis, mauves et autres variétés sont exclusivement vendues à des restaurants, comme la Cantina à Cholet et le Château Boisniard, près du Puy du Fou en Vendée, un restaurant gastronomique étoilé. Une fierté pour l’agricultrice : « le chef Valentin Morice travaille mes plantes aromatiques, mes fleurs et mes œufs, c’est vraiment très valorisant ! ». Les légumes sont, eux, cultivés pour compléter le panier des clients qui s’approvisionnent à la ferme. Un assortiment de
 à 8 variétés de courges est proposé, et un marché est organisé à l’automne.

La jeune femme s’investit aussi hors de la ferme. Elle est conseillère municipale à Chanteloup-les-Bois et fait partie du groupe agricole de l’Agglo de Cholet, qui travaille, notamment, sur le renouvellement des générations. « A Chanteloup, 2 nouveaux jeunes se sont installés cette année », se réjouit-elle.
S.H.

 

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Anjou Agricole.

Les plus lus

A compter du 1er juillet 2024, le remboursement de la TICPE sur les livraisons de GNR sera directement appliqué en pied de facture. Une victoire syndicale FNSEA-JA qui fait suite aux mobilisations syndicales du début d'année.
Mise en place du tarif réduit du GNR à la pompe

À partir du 1er juillet 2024, les exploitants agricoles bénéficieront directement du remboursement de la TICPE en pied de…

élections législatives
Lettre ouverte de la FDSEA aux candidats aux élections législatives

Madame, Monsieur,

Vous vous êtes portés candidats dans une circonscription du Maine-et-Loire pour les élections…

Les oignons semences sont déchiquetés chez Alexis Girard à Jumelles. Dans le même secteur, l'orage a couché des arbres dans les champs de maïs semences.
La grêle a fait des ravages en Anjou
Un orage de grêle s'est abattu dans certains secteurs du Maine-et-Loire, mercredi 19 juin. Les dégâts sur les cultures annuelles…
L'équipe de Modema Agri a intégré ses nouveaux locaux à Baugé le 1er mars.
Une nouvelle agenceà Baugé

Modema Agri vient d'ouvrir une nouvelle agence à Baugé-en-Anjou. Un projet qui marque une nouvelle étape de la réorganisation…

Le plan loup bientôt activé en Anjou

Le préfet  a décidé d'activer le premier niveau du plan loup dans le département. Une cellule de veille devrait être mise…

La délégation JA Pays de la Loire au congrès national dans la Vienne.
Un rapport d'orientation pour maîtriser l'avenir

C'est dans une ambiance bon enfant qu'a eu lieu la 57e  édition du congrès des Jeunes Agriculteurs à Poitiers (Vienne) du…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 176€/an
Liste à puce
Consulter l'édition du journal l'Anjou agricole au format papier et numérique
Accédez à tous les articles du site l'Anjou agricole
Ne manquez aucune information grâce à la newsletter d'actualités
L’accès aux dossiers thématiques
Une revue Réussir spécialisée par mois